
Meublé de tourisme dans le Var : les démarches obligatoires en 2026
Louer sa maison de Giens trois semaines en août ou son appartement de L'Ayguade tout l'été relève désormais d'un parcours administratif balisé. Depuis la loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, les obligations se sont empilées : déclaration, numéro d'enregistrement, diagnostic énergétique, collecte de la taxe de séjour. Voici, à la date de rédaction de cet article (septembre 2026), ce qu'un propriétaire varois doit avoir en règle avant d'accepter sa première réservation.
Première étape : déclarer son meublé de tourisme en mairie
Tout logement loué meublé à une clientèle de passage, qui n'y élit pas domicile, est un meublé de tourisme au sens du code du tourisme. Peu importe la durée : une semaine en juillet suffit. La déclaration préalable en mairie est le socle de tout le reste, et elle est gratuite.
Dans les douze communes de la Métropole Toulon Provence Méditerranée — Hyères, Carqueiranne, Le Pradet, La Crau, Toulon, La Seyne, Six-Fours et les autres — la démarche se fait en ligne sur le téléservice declaloc.fr, mutualisé entre la métropole et ses communes. Le même compte sert ensuite à la taxe de séjour, ce qui évite de saisir deux fois les mêmes informations.
Hors métropole, chaque intercommunalité ou commune a son propre canal : formulaire Cerfa n° 14004 à déposer en mairie, guichet numérique dédié, ou plateforme de taxe de séjour. À La Londe-les-Maures, à Bormes-les-Mimosas ou à Cotignac, le premier réflexe reste d'appeler l'accueil de la mairie ou le service tourisme : vous saurez en cinq minutes quel formulaire s'applique chez vous. Préparez l'adresse exacte, la surface, le nombre de pièces, la capacité d'accueil et le statut du bien (résidence principale ou secondaire).
Le numéro d'enregistrement : à obtenir, puis à afficher partout
La déclaration donne lieu à l'attribution d'un numéro d'enregistrement, généralement une suite de treize caractères. Ce numéro n'est pas une formalité décorative : il doit figurer sur toutes vos annonces, quelle que soit la plateforme, ainsi que sur vos documents commerciaux.
Les plateformes de réservation sont tenues de contrôler ce numéro et de retirer les annonces qui n'en présentent pas. Une villa de Bormes déréférencée mi-juin, c'est une saison compromise — le pire moment pour découvrir qu'un champ n'a pas été rempli.
Les sanctions prévues par le code du tourisme sont dissuasives : de l'ordre de 5 000 € pour un défaut d'affichage du numéro, jusqu'à 10 000 € pour une absence d'enregistrement et 20 000 € en cas de fausse déclaration.
Point de vigilance local : ces obligations ne sont pas déployées au même rythme d'une commune à l'autre. Faites confirmer votre situation par votre mairie plutôt que par un forum de propriétaires.
Le téléservice national : ce qui change en 2026
La loi Le Meur a prévu la bascule de ces déclarations locales vers un téléservice national unique, pour que chaque meublé de France soit enregistré au même endroit, résidence principale comme résidence secondaire, y compris dans les communes qui ne demandaient rien jusque-là.
L'échéance légale était fixée au 20 mai 2026. Dans les faits, le déploiement complet a été annoncé pour la fin de l'année 2026, avec une période de transition pendant laquelle les téléservices existants — declaloc.fr pour Hyères et la métropole — continuent de faire foi.
Deux conclusions pratiques pour un propriétaire varois. D'abord, ce report n'est pas une pause réglementaire : les obligations de déclaration et d'affichage restent pleinement applicables. Ensuite, gardez sous la main le dossier numérique de votre bien (surface, capacité, DPE, justificatif de statut) : le jour où la reprise sur le portail national sera demandée, vous la ferez en vingt minutes au lieu d'un après-midi.
Changement d'usage et plafond de 120 jours : la délibération de votre commune
Deux règles supplémentaires peuvent s'ajouter, et elles dépendent entièrement d'une décision locale.
Le changement d'usage. Une commune peut soumettre la location meublée touristique d'un local d'habitation à une autorisation préalable du maire, parfois assortie d'une compensation. Le littoral varois, très tendu en logement, compte des communes qui ont franchi le pas et d'autres non. Un conseil municipal peut délibérer à tout moment, sans période transitoire pour les meublés déjà en activité.
Le plafond en résidence principale. Si vous louez votre propre logement pendant vos absences, la limite nationale est de 120 jours par an. La loi Le Meur permet désormais aux communes d'abaisser ce plafond jusqu'à 90 jours par délibération.
Concrètement : avant d'acheter un studio au port d'Hyères ou de transformer le mazet familial de La Londe en location saisonnière, une question à la mairie sur le changement d'usage vaut mieux qu'une découverte après signature.
Le DPE, devenu une pièce du dossier
Longtemps épargnés, les meublés de tourisme entrent progressivement dans la logique de performance énergétique.
Dans les communes qui ont instauré le changement d'usage, une nouvelle autorisation suppose un DPE d'au moins la classe E : un bien classé F ou G ne peut plus y basculer en location touristique.
À l'horizon du 1er janvier 2034, l'exigence monte aux classes A à D pour les meublés de tourisme concernés, la résidence principale du loueur restant hors du champ.
Deux détails techniques utiles. Le DPE doit être récent — les diagnostics établis avant juillet 2021 ne sont plus valables. Et le coefficient de conversion de l'électricité a été révisé début 2026, ce qui améliore mécaniquement l'étiquette de nombreux logements chauffés à l'électrique : sur la côte varoise, où la clim réversible est reine, beaucoup de biens y gagnent une lettre. Une attestation rectificative peut être obtenue auprès de l'ADEME pour les DPE antérieurs, sans refaire le diagnostic.
Taxe de séjour : collecter, déclarer, reverser
Dernière obligation, souvent la plus mal gérée. La taxe de séjour est due par le voyageur, mais c'est le propriétaire — ou la plateforme quand elle la collecte pour lui — qui doit la déclarer et la reverser à la collectivité.
Le tarif dépend de la commune et du classement du meublé. Pour un meublé non classé, la taxe est calculée en pourcentage du prix de la nuitée par personne, dans une fourchette encadrée par la loi. Un meublé classé bascule sur un tarif fixe par nuitée et par adulte, souvent plus lisible et plus favorable : c'est un argument de plus en faveur du classement, au-delà de son intérêt fiscal.
Sur le territoire de la métropole toulonnaise, la déclaration des nuitées se fait mensuellement en ligne, avec un reversement périodique. Même si Airbnb ou Booking collectent pour vous, la tenue d'un registre des séjours reste de votre responsabilité, et un propriétaire qui loue à la fois en direct et via plateforme doit veiller à ne pas déclarer deux fois — ou pas du tout — les mêmes nuitées.
Déclarer, afficher le numéro, vérifier le changement d'usage et le plafond de jours, tenir un DPE valide, collecter la taxe de séjour : cinq obligations, dont trois dépendent de décisions propres à votre commune. Dans le Var, la réponse n'est pas la même à Hyères, à Saint-Tropez et à Collobrières. Les montants, les seuils et les calendriers cités ici valent à la date de rédaction et évoluent vite : faites confirmer votre situation par votre mairie et, pour le volet fiscal, par un expert-comptable.
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Photo : İrfan Simsar / Unsplash



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